Les vêtements que nous portons ont ils un impact sur nos émotions ?

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Ophélie Zayonnet

Lorsque l’on parle des effets néfastes de la fast fashion, on parle, le plus souvent, d’impacts écologiques et sociaux. Or, qu’en est-il de notre bien-être ?
Une récente étude a été menée par les chercheuses Catriona Tassel, Aurore Bardey et Anke Schat, afin de mesurer l'impact psychologique du port de vêtements durables et non durables sur les émotions. En voici les résultats.

1. Le déroulement de l’expérience :

Les chercheuses ont divisé les 35 participants, dont 26 femmes et 19 hommes, en 3 groupes égaux. L’expérience visait à mesurer l'impact psychologique du port de vêtements (non) durables sur les émotions. Le premier groupe avait le choix de sa tenue vestimentaire. Les membres du second portaient un tee-shirt blanc uni et éthique. Le dernier groupe portait un tee-shirt blanc issu d’une enseigne de fast fashion. Grâce à l’échelle SPANE, soit l’échelle des expériences positives et négatives, ils ont mesuré les émotions des participants en les classants comme positives ou négatives. Elles ont ainsi pu relever la fréquence à laquelle les personnes ressentaient certaines émotions telles que le plaisir physique, l’ennui, l’engagement, l’intérêt. Ces données ont été évaluées en deux temps : avant l’expérience puis après deux heures du port du tee-shirt.

2. Les résultats :

Avant d’avoir à porter les tee-shirts, la médiane des émotions positives des participants était d’environ 23 et celles des émotions négatives de 14. D’après la définition de Statistique Canada,“La médiane est le point milieu d’un jeu de données, de sorte que 50 % des unités ont une valeur inférieure ou égale à la médiane et 50 % des unités ont une valeur supérieure ou égale.”
Ensuite, l’expérience a montré que les participants portant par la suite le tee-shirt durable ressentaient davantage d’émotion positive : médiane à 26. Ces derniers ressentaient également une baisse de sentiments négatifs, avec une médiane à 7.
À l’inverse, les personnes portant un t-shirt étiqueté fast fashion ont ressenti une baisse des émotions positives puisque la médiane est descendue à 20.
Ces résultats soulignent donc un lien entre ce que nous portons et les émotions que nous ressentons.

L’étude n’ayant cependant pas un nombre de participants assez important, nous ne pouvons totalement nous y fier. Il est cependant intéressant de voir que, pour reprendre les mots du journal The Conversation :  « Les impacts néfastes de l’achat de vêtements non durables s’étendent au-delà de la sphère environnementale et sociale, et incluent la sphère individuelle à travers les sentiments et les émotions. »
Espérons que cette étude pousse d’autres chercheurs à se pencher sur le sujet, afin de donner au sujet de la mode éthique davantage d’attention.

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Ophélie Zayonnet

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